AXE 2

Texte, Image et Arts numériques

Responsable: Ghislaine Chabert

Descriptif

L’axe 2 du LLSETI réunit des enseignant.e.s-chercheur.e.s et des membres associé.e.s que fédère le même intérêt pour le texte, l’image, la communication et les arts, qu’il s’agisse des arts traditionnels ou des arts numériques. Venant pour une partie de la culture de l’écrit par leur formation en sciences humaines, ils ou elles sont également sensibles au pouvoir du visuel et s’interrogent sur la manière dont l’un peut s’enrichir de l’autre. Le point de convergence du groupe est ainsi plus spécifiquement la relation entre le texte et l’image, que celle-ci s’établisse entre le texte littéraire et les arts visuels, ou entre production écrite et visuelle dans les hypermédias de toute nature.

Le projet scientifique de l’axe 2, issu au départ des groupes de recherche « GSICA » et « Frontières et recréation à la croisée des arts » du LLSETI, unit aujourd’hui d’autres chercheur.e.s et équipes du laboratoire. Par son interdisciplinarité, cet axe favorise la rencontre de diverses aires de recherche relevant de multiples sections de CNU, chacune apportant avec elle sa propre méthodologie. Il rassemble des spécialistes de langues et littératures françaises, comparées et étrangères (9e, 10e, 11e, 12e, 14e), des sciences de l’art (18e), des sciences de l’information et de la communication (71e), de psychologie (16e) et des sciences et techniques des activités physiques et sportives (74e).

Ce dialogue art, littérature, communication, sciences humaines et sociales, aux différentes étapes des recherches, est particulièrement innovant pour faire émerger les problématiques contemporaines et un regard toujours renouvelé et critique sur les arts, les arts numériques mais aussi sur les productions actuelles et les innovations, dans leurs contextes multiples de création et d’appropriation. Toutes les sphères de la communication humaine et sociale peuvent être concernées par leurs recherches : la littérature, la culture, le patrimoine et les musées de demain, les réseaux et les œuvres interactives, le jeu vidéo, la mobilité, l’internet des objets, la communication innovante des entreprises, la communication de l’intime... En cela, des recherches menées dans cet axe participent au champ d’étude de la filière des industries culturelles et créatives. Plusieurs membres de l’axe 2 sont impliqués dans les réseaux de recherche territoriaux, transfrontaliers et internationaux, par exemple dans le cadre des activités scientifiques du pôle de compétitivité Rhône-Alpin IMAGINOVE (à Lyon) ou d’autres partenariats (avec l’Université de Saint-Etienne et, à l’international, les Universités de Malte, de la PUC Parana, d’Anahuac Mexico, du Québec à Montréal…).

Le regroupement des chercheur.e.s de l’axe 2 est né d’un intérêt commun pour plusieurs thématiques relatives aux arts et aux dispositifs numériques.

La première est la question de la représentation, à savoir comment l’artiste ou l’usager parviennent à traduire en mots ou en images la scène réelle ou imaginaire qu’ils ont devant les yeux, enjeux qui renvoient aux deux pôles de la création et de la réception ou, dans le domaine des arts numériques, des usages. Il s’agit d’explorer d’une part les moyens convoqués par l’auteur pour rendre présent un monde absent et arriver au plus près du sens visé, d’autre part les procédés par lesquels le destinataire est activement impliqué. Nombre de chercheur.e.s se retrouvent aussi autour des enjeux de la narration, s’attachant à la mise en récit d’une fiction ou d’une expérience. Ils ou elles interrogent alors les mêmes aspects de points de vue, de perspectives, de dispositifs selon leurs méthodologies propres, dont la confrontation ne pourra qu’enrichir leurs analyses. Ils ou elles envisagent de manière semblable le récit comme un parcours à la fois spatial et temporel, qui demande à être examiné dans toute sa complexité. Il sera intéressant de comparer les ressorts activés et les réponses apportées pour raconter une histoire dans un monde moderniste à la réalité fluctuante, dans un monde en 3D ou dans l’apprentissage de la lecture chez de jeunes enfants. L’artiste et le concepteur peuvent-ils s’aider des techniques élaborées par d’autres media, comme la photographie pour l’écrivain ou le cinéma pour le créateur de jeux vidéo, ou doivent-ils mettre au point de nouvelles techniques et stratégies ?
C’est par dessus tout cette transmédialité dans le traitement de la représentation et de la création qui constitue une ligne de force de l’axe 2.

Du côté de la perception et des usages, le projet de l’axe porte sur l’analyse du rapport aux technologies numériques, aux formes de relations et sociabilités contemporaines et aux formes esthétiques que recouvrent les réalités et les réseaux numériques. Cela en tenant compte au plus près des aspects corporels, phénoménologiques, liés aux usages émergents. L’espace et le corps sont en effet deux autres dimensions fondamentales étudiées dans cet axe sur lesquelles se rejoignent les chercheur.e.s dans l’étude des dispositifs ou des processus de création artistique. Quelle hybridation des espaces autour des arts numériques ? Comment l’écriture passe-t-elle par le corps, met-elle en jeu le corps du lecteur par l’expérience proposée ? Comment le dispositif propose-t-il des effets de présence liés au corps ? Comment le texte peut-il être pensé comme trace du corps, transcrite ou produite en interface ? Telles peuvent être les questions posées dans l’axe autour des dimensions corporelles et spatiales à l’étude.

Dans un laboratoire dédié aux études transfrontalières, l’axe 2 se distingue par sa volonté de traverser les frontières entre les disciplines et entre les arts. Ses chercheur.e.s ont pour pratique habituelle de sortir de leur champ disciplinaire et d’éclairer leur objet en faisant appel à la philosophie, la phénoménologie, l’esthétique, l’anthropologie, la sociologie... De la même façon, le dialogue entre les arts et entre les modes d’expression est au cœur de leurs préoccupations. Ils s’intéressent à la transposition d’un moyen d’expression à un autre, à la circulation du sens grâce au passage de l’un à l’autre et à leur hybridation : comment le texte peut être adapté à la scène de théâtre, l’écran ou la BD, comment le texte dialogue avec l’illustration, la photo, le tableau, comment le sens fait image dans le texte, comment le numérique convoque le web, la BD, le son, l’art de la rue, l’urbanité et ce, dans tous les cas, pour atteindre au plus près du sens et porter à la représentation une réalité qui résiste et échappe à la saisie.


Trois projets de recherche

Trois projets pluridisciplinaires sont identifiés comme terrains fédérateurs dans le programme de l’axe 2 :

• 1. Les fabriques des histoires
Responsable : Marc Veyrat

Sur ce terrain des « fabriques des histoires », on vise à questionner de nouveaux concepts, à expérimenter de nouvelles formes de récits et à ancrer des pratiques autour de dispositifs expérimentaux de textes et d’images, en particulier autour des enjeux des :
- Fables, narrations et fictions
- Personnages de légendes
- Architexture
- Identités en réseaux (avatars et mise en scène de soi)

• 2. Réalités impossibles
Responsables : Karleen Groupierre, avec Marie Odile Salati

Réalités Impossibles est un projet de recherche où sont analysées, croisées et expérimentées de multiples possibilités de représentations et d’expériences de la réalité dans les dispositifs, que ce soit dans les domaines du numérique ou des arts en général. Les questionnements scientifiques autour de ce projet sont les suivants:
- Recherche-création et ses méthodologies
- Approche et innovation par les usages et usages « imaginés »
- Processus d’immersion et flâneries
- Représentations et transmédialités
- Dispositifs

•3. Le corps en questions
Responsables : Anaïs Guilet, avec Martin Lombardo

Dans ce projet sont explorées les questions de:
- Subversion-transgressions-hybridation de la norme et des limites dans le genre
- Corps et Perceptions (frontières de perceptions)
- Corps augmenté, corps et hybridation
- Figures contemporaines du monstre, de la monstruosité